What Do Deer Eat? | Outdoor Life

J’étais en train d’installer une clochette à salade pour avertir les laitues quand la marmotte approche, pis là j’suis allé fouiller dans l’tuyaude poêle de l’intournet. Voici l’article de Roger, version jardin proche du bois, où les “amis de la forêt” pensent que ton potager, c’est un buffet à volonté.

Quand t’as un jardin collé sur la forêt, faut comprendre une chose : pour toi, c’est un potager; pour le chevreuil, le lapin, la marmotte, l’écureuil, le raton pis la corneille, c’est un restaurant champêtre avec vue sur les tomates. Dans le nord-est de l’Amérique — Québec, Ontario, Nouvelle-Angleterre, nord de l’État de New York — les jardins en bordure de bois attirent souvent les chevreuils, lapins, marmottes, écureuils, tamias, campagnols, oiseaux et ratons laveurs. UMass Extension nomme justement ces bêtes-là parmi les grands trouble-fêtes du potager. (UMass Amherst)

La première règle de Mémère, c’est : identifie le voleur avant d’acheter la clôture. Le chevreuil laisse des traces de sabots et peut écraser les plants; il mange souvent le soir ou tôt le matin. Le lapin grignote bas, souvent à l’aube ou au crépuscule. La marmotte, elle, travaille de jour, comme un petit entrepreneur dodu, pis elle aime les légumes tendres, les melons et les courges. Les ratons arrivent souvent quand le maïs ou les melons sont prêts. Si tu ne sais pas qui mange, mets une petite caméra de chasse ou saupoudre un peu de farine près des trous pour voir les pistes. (UMass Amherst)

Le meilleur truc, c’est pas le savon magique ni la touffe de cheveux de mononcle Gérard : c’est la barrière physique. Les études et les extensions agricoles reviennent toujours là-dessus. UMass dit que la clôture bien choisie est la méthode la plus fiable contre les gros mammifères. UNH Extension dit aussi que l’exclusion est la stratégie la plus efficace contre les chevreuils. Bref, la clôture, c’est plate à installer, mais c’est moins plate que pleurer dans une rangée de laitues scalpées. (UMass Amherst) (Extension | University of New Hampshire)

Pour le chevreuil, faut pas niaiser avec une clôture de décor de matante. Le cerf de Virginie saute haut. UNH indique qu’il peut franchir jusqu’à huit pieds, et le Réseau-pommier recommande au Québec une clôture jamais inférieure à 2,4 m, en tenant compte de l’accumulation de neige. Une clôture de 6 à 8 pieds peut aider, mais en zone de forte pression, Roger dit : vise solide, haut, bien fixé au sol, avec une porte qui ferme pour vrai. Sinon, le chevreuil va rentrer comme s’il avait reçu une invitation. (Extension | University of New Hampshire) (Réseau-pommier)

Pour les lapins, pas besoin d’un mur de prison. Une clôture basse en broche avec mailles d’un pouce ou moins, environ deux pieds de haut, peut suffire si le bas est bien plaqué au sol ou enterré de quelques pouces. Ça, c’est le genre de truc simple que Mémère aimait : “Fais bas, fais serré, pis laisse pas un trou gros comme une mitaine.” Les lapins poussent sous la clôture plus souvent qu’ils font de l’alpinisme. (UMass Amherst)

Pour la marmotte, maudite boule de poil à pelle mécanique, faut penser dessous et dessus. Elle creuse et elle grimpe. UNH recommande une clôture non électrifiée d’au moins trois pieds, avec le bas enterré de 10 à 12 pouces ou replié en L vers l’extérieur; le haut peut être plié vers l’extérieur à 45 degrés. Espace pour la vie conseille aussi un grillage solide, enterré à au moins 30 cm, avec une section repliée en L vers l’extérieur, et une portion hors sol d’environ un mètre. La broche à poules cheap, oublie ça : la marmotte passe là-dedans comme Roger dans une porte de cabane après deux cafés. (Extension | University of New Hampshire) (Espace pour la vie)

Pour les ratons laveurs, surtout autour du maïs, la clôture ordinaire est souvent une blague. UMass dit qu’ils grimpent ou passent à travers plusieurs clôtures, et que les répulsifs ou tactiques de peur valent pas grand-chose contre eux. UNH recommande plutôt deux ou trois fils électriques bas, par exemple à 4 et 8 pouces, en gardant les mauvaises herbes loin des fils pour éviter les courts-circuits. Là encore, faut vérifier les règlements municipaux et penser aux enfants, chiens et chats. (UMass Amherst) (Extension | University of New Hampshire)

Deuxième truc de Mémère : mets ton jardin dans une zone claire, pas collé dans le bois comme une assiette sur le bord du comptoir. Les animaux aiment les couverts : broussailles, hautes herbes, tas de branches, roches, dessous de remise. UMass conseille d’enlever les ressources qui attirent les animaux — nourriture d’animaux, mangeoires, poubelles mal fermées, compost accessible — et de réduire les abris comme les tas de débris, les mauvaises herbes et les herbes longues. Une bande tondue autour du jardin, c’est pas juste propre : c’est une zone où le lapin se sent comme un ministre sans discours. (UMass Amherst)

Pis tant qu’à parler de bordure forestière, surveille les tiques. En Montérégie, les autorités de santé publique recommandent une bande d’environ un mètre de copeaux, paillis ou gravier entre le boisé et la pelouse, puis une zone tampon de trois mètres de gazon entretenu entre le bois et les zones d’activité comme le potager. Santé Canada conseille aussi de tondre régulièrement, d’enlever les feuilles mortes et de créer une bordure de copeaux, paillis ou gravier pour séparer la pelouse des zones boisées. C’est pas glamour, mais c’est plus utile qu’un nain de jardin avec une fourchette. (Canada)

Troisième truc : cage les cultures les plus payantes. Les laitues, fraises, jeunes haricots, choux, brocolis et semis tendres, c’est de la friandise. Des arceaux avec filet anti-oiseaux ou toile flottante peuvent protéger les semis et les petits fruits. UMass recommande les couvertures de rangs et les filets fins contre les oiseaux, et des petits dômes ou cages en grillage fin pour protéger les jeunes plants contre tamias et petits rongeurs. Un carré de laitue sous cage, c’est moins romantique, mais ça se rend jusqu’au bol à salade. (UMass Amherst)

Quatrième truc de Mémère : les répulsifs, oui, mais comme ceinture avec des bretelles, pas comme plan principal. Les répulsifs peuvent être de contact, appliqués aux plantes, ou de périmètre, autour du jardin. UMass rappelle que peu d’études indépendantes évaluent tous les produits, que les formules changent souvent, et qu’il faut toujours lire l’étiquette, surtout près des plantes comestibles. Certains produits à base de capsaïcine, ail, moutarde, œufs putréfiés, urine de prédateur ou sang séché peuvent réduire les dommages, mais la pluie, la faim, l’habitude et la pression animale changent tout. (UMass Amherst)

Le savon suspendu, les cheveux humains, l’odeur de chien, le piment, l’ail : c’est le folklore de Mémère, mais y’a un fond de vérité quand c’est utilisé en complément. UNH mentionne les savons et bâtons d’ail comme répulsifs de zone, mais les place derrière la clôture en efficacité. Cornell dit que les répulsifs coûtent moins cher sur petites surfaces, mais marchent mieux quand la pression des chevreuils est faible et qu’il faut tolérer un peu de dommage. En bon québécois : ça aide, mais ça remplace pas une vraie clôture quand le bois est plein de bouches. (Extension | University of New Hampshire) (cvp.cce.cornell.edu)

Cinquième truc : change les peurs de place. Les épouvantails, rubans brillants, ballons, assiettes d’aluminium, coyotes en plastique, lumières et gicleurs à détecteur peuvent surprendre les animaux, mais pas longtemps. Cornell note que les chevreuils s’habituent aux dispositifs d’effarouchement en quelques jours si on ne les déplace pas. UNH dit que les dispositifs de peur marchent mal sur les marmottes quand il y a des légumes tendres à manger. Donc, bouge-les souvent, combine-les, pis garde tes attentes plus basses qu’un vieux banc de scierie. (cvp.cce.cornell.edu) (Extension | University of New Hampshire)

Sixième truc : plante moins appétissant autour du buffet. Aucun végétal n’est 100 % “anti-chevreuil”; Cornell avertit qu’aucune plante n’est complètement à l’épreuve des cerfs quand les densités sont élevées. Mais UNH explique que les chevreuils évitent souvent les plantes poilues, épineuses, coriaces ou très aromatiques. Autour du potager, tu peux donc mettre des herbes fortes, alliums, lavande, menthe en contenant, ciboulette, thym, sauge, monarde, fougères et fleurs moins aimées. Pas pour arrêter une invasion, mais pour rendre l’entrée du buffet moins invitante. (Cornell Cooperative Extension) (Extension | University of New Hampshire)

Septième truc : ne relocalise pas les animaux comme si tu jouais au taxi de marmottes. Le gouvernement du Québec déconseille fortement, et parfois interdit, de déplacer les animaux sauvages loin du lieu de capture. Un autre animal remplace souvent celui déplacé, et le déplacement peut propager maladies ou parasites. En plus, dans certaines régions comme l’Estrie et la Montérégie, des restrictions récentes ont visé le transport de certains animaux à cause du risque de rage du raton laveur. Le bon réflexe, c’est prévenir, bloquer, exclure, puis appeler un professionnel ou la ligne faune au besoin. (Gouvernement du Québec) (MRC Jardins-de-Napierville)

La recette finale de Roger, c’est donc : jardin ensoleillé à distance du bois, bordure tondue, copeaux ou gravier côté forêt, compost fermé, poubelles solides, clôture adaptée au pire voleur du coin, grillage enterré contre les creuseux, filet sur les cultures tendres, répulsifs seulement en renfort, puis observation chaque matin. C’est pas une guerre contre la nature; c’est une négociation serrée avec des voisins sans pantalon.

Pis rappelle-toi : la forêt était là avant tes concombres. Faut partager un peu, mais pas donner le bail complet du potager. Comme disait Mémère après avoir surpris une marmotte dans les fèves : “J’peux ben aimer les animaux, mais pas assez pour leur servir la salade avec la vinaigrette.”